Pour le maître (Pro domino)

Personnages


 

*Publius Titius Sabinus : chevalier romain, client d’Agrippine, préfet des vigiles

Sullivia : jeune esclave d’origine gauloise, propriété de Sabinus

Kaeso Murcius Ménécratès, affranchi de Tibère, préfet des véhicules, ami de Sabinus

*Séjan (Lucius Aelius Seianus), chevalier romain, préfet du prétoire (15-31 ap. J.-C.)

*Agrippine l’Aînée, veuve de Germanicus, belle-fille de Tibère, mère de Caius Julius César Germanicus (Caligula, empereur de 37 à 41 ap. J.-C .) et d'Agrippine la Jeuneelle-même mère de Néron (empereur de 54 à 68 ap. J.-C.) ; patrona de Titius Sabinus

Titia et Secunda, filles de Titius Sabinus et de feue Larentia

Strychès : médecin des vigiles, affranchi de Sabinus

Antonina, Primullia, Clemens: esclaves appartenant à la familia de Sabinus

Sissès : ancien esclave de Sabinus, affranchi et travaillant au sein des vigiles

Aelia Gabia Falconilla : fille du sénateur Falco et de Sulpicia

*Pallas, esclave favori d’Antonia

*Livie Drusilla, dite Iulia Augusta dès 14 ap. J.-C., épouse d’Auguste et mère de Tibère

*Quintus Naevius Macro, chef des vigiles, tribun puis préfet du prétoire de 31 à 38 ap.J.-C.

*Graecinus Laco, tribun puis préfet des vigiles, au plus tard en 31 ap.J.-C., peut-être dès 28

*Quintus Lucanius Latinius Latiaris, sénateur et ancien préteur


 

Actis, lévrier femelle, vertrague celte, propriété de Titius Sabinus


 

Les personnages historiques sont précédés d’un astérisque.

Les éléments historiquement avérés sont soulignés.

Le nom de certains personnages est parfois restitué sous sa forme latine, pour éviter tout rapprochementavec d’autres personnages plus connus portant le même nom (Nero au lieu de Néron, Macro plutôt que Macron).

 

 

 

 

"L'année des consuls Junius Silanus et Silius Nerva 

s'ouvrit sous d'affreux auspices..."

 

"Iunio Silano et Silio Nerua consulibus 

foedum anni principium incessit..."

 

Tacite, Annales, IV, 68

 

 

"Qu’on me laisse seulement regagner ce passé où s’écoulent mes jours,

et des gisants de toutes les cryptes se dresseront des lévriers en meutes,

et j’entendrai le chien de Pompéi se secouer sous l’averse de cendres (…).

Et avec Ulysse au bout de son voyage, je recueillerai d’Argos le dernier soupir."

 

Lucien Jerphagnon, Chroniques de la revue des deux mondes,

in : L’absolue simplicité, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 2019

 

Prologue


 

 

 ante diem sextum Nonas Januarias, Appio Iunio et P- Silio cos 1


 

"Accrochée à son maître, elle continue de dériver le long du Tibre.

Si l’eau est glacée, le courant, lui, n’est pas trop fort : elle entreprend une nouvelle fois de ramener à la surface le visage de l’homme, ce qui la force à s’immerger entièrement. Dès qu’elle reviendra à la surface pour respirer, sa tête à lui retombera sous l’eau. Et il faudra recommencer, jusqu’à ce qu’il reprenne conscience.

Cherchant désespérément de l’aide, elle jette des regards terrifiés et des plaintes mouillées aux badauds qui, depuis l’une et l’autre rives, depuis le pont aussi, regardent les flots les emporter tous deux, comme on observe un oiseau s’envoler, des flammes s’élever ou s’abattre la pluie.

À cette différence près que l’oiseau s’élance vers la liberté, que les flammes réchauffent les hommes et que la pluie abreuve la terre, alors qu’elle et son dominus2 évoluent vers les chaînes, le froid et la mort. 

Car elle ne pourra plus guère lutter contre ce fleuve, dont elle n’a jamais aimé l’eau verdâtre, au temps où tout allait bien.

Temps de bonheur qui paraît si loin aujourd’hui !"


 

16e jour avant les nones de janvier, sous le consulat d’Appius Junius et P. Silius, c’est-à-dire le 2 janvier 28 de notre ère.

2Maître, propriétaire.

 

Ce roman, qui se base sur des faits historiques, vient d'être achevé sous sa version manuscrite. 

Il part désormais à l'assaut des maisons d'édition.

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