La loi d'Artémis

Résumé suspensif : 

Enfant d’immigrés kurdes, Rozerin Itik tombe amoureuse des vieilles pierres le jour où, en visite à Kepez, elle apprend qu’elle est née non loin du site de Troie : la petite fille est subjuguée par le spectacle du matériel archéologique volé que sa famille a accumulé au fil des générations. 

Cinq ans plus tard, la jeune fille retombe dans le même émerveillement lors d’un court stage d’archéologie : elle accepte une pierre peinte, vestige d’un sanctuaire, de la part de l’archéologue chargé de l’accompagner, avant de subir l’horreur, quand il la viole le lendemain. 

Alors âgée de 13 ans, Rozerin ne divulgue rien à personne : elle cache la pierre du sanctuaire profané comme le secret de son innocence violée.

Elle ne nourrit pas moins un désir de vengeance, qu’elle prend tout son temps à accomplir. Son plan : réduire son agresseur à néant en le rendant coupable de vol de matériel archéologique. Un matériel qu’elle aura elle-même dérobé. 

Dès lors devenir archéologue cesse d’être le rêve qu’elle «met au jour» pour devenir un projet qu’elle «met à la nuit». 

L'incipit : 

 


"Il est des rêves qu’on fait en plein jour.

Il en est même qu’on met au jour.

Tels des vestiges traversant l’éternité pour être découverts un jour.

Je suis archéologue. C’est ma profession. Mon rêve en plein jour.

Il est d’autres rêves, qui font la nuit, qui défont les nuits.

Il en est même qu’on met à la nuit.

Telles des voltiges bouleversant le jeu, entraînant un échec à la découverte.

Je suis archéokleptomane. C’est ma confession. Mon rêve aux tons de nuit.

Il est des rencontres où le contre l’emporte, des face-à-face faisant froid dans le dos.

Tels des vertiges déversant l’âme au fond d’un trou, le vôtre, sans que vous l’ayez creusé.

Je suis aussi cet après-midi où, enfoui dans un sous-sol, le rêve est devenu cauchemar."