" A Troie, on y va ! "

"A Troie, on y va !" est une parodie de l'Iliade d'Homère. Ce premier tome a été distingué en 2017 par les Arts et Lettres de France (2e prix du roman humoristique).

Les enjeux généraux (récupérer Hélène et prendre la ville de Troie) restent fondamentalement les mêmes, mais les motivations des (anti-) héros et leurs traits de caractère peuvent avoir, mettons, sensiblement évolué, tout comme le montre l'altération dont souffrent plaisamment leurs noms : Agamemnon, fils d'Atrée devient Agamemrond, fils d'Atrouill ; Ulysse s'est légèrement transformé en Huilysse et, plus discrètement encore, Ménélas s'orthographie Ménhélas... En d'autres termes, la guerre de Troie d'Homère revisitée par Houmard : amusez-vous comme un dieu avec ce premier chapitre !

 

 

« Zeus, assis sur l’Olympe, entend,

et son cœur rit, joyeux de voir les dieux entrer dans la mêlée. »

Homère, Iliade, Chant XXI, vers 388-390

 

Vaisselle versus vaisseaux

 

 

C'était une petite île, rocailleuse sur le pourtour, herbeuse partout ailleurs, pour le bonheur des chèvres mais aussi de toute la population, qui vivait de la bique ; d'ailleurs, ne surnommait-on pas Ithaque « l'île aux chèvres » et, plus sournoisement, « l'île à la Chèvre » ?

- Pénéclope, très chère, où avez-vous encore égaré les langes de Télémoque ?

Submergé par une vague d'angoisse plus forte que les précédentes, Huilysse se résignait à émettre un signal de détresse. En vain avait-il associé à son errance ses serviteurs, tous des incapables, avant d'embarquer ses compagnons, bredouilles également. Il n'en avait que plus encore l'impression de sillonner depuis dix ans les méandres du palais, à la recherche du salut, un havre qu'il ignorait être tout en tissu, les langes et les linges avec, sans parvenir à mettre la main dessus. Qui plus est, sa main, précisément, portait la souillure de son unique héritier.

- Je n'ai jamais rien égaré ! répliqua sèchement une voix affairée. Voyez dans le bahut au coin droit du péristyle !

- C'est déjà fait, ma douce ! C'est même le premier endroit auquel j'ai pensé, mais je n'y ai trouvé que des bouts de tissu.

Le petit prince se remit à vagir, amenant Huilysse à porter ses mains souillées à ses oreilles :

- Oh, non, par Poséidon ! s'écria-t-il, débordant de dégoût.

La répulsion céda à la peur, quand il entendit la reine quitter ses appartements à grands pas excédés et qu'il la vit débarquer dans la salle à manger, tenant à la main une tablette de cire et trois feuilles de papyrus noircies de chiffres crétois. Son visage avait un aspect hors du commun : un front haut, sans mèche, surplombait de longs et étroits sourcils pareils à des lamelles d'airain ; au-dessous, deux petits yeux cruels, que transfigurait continuellement une furie nouvelle, semblaient ajuster leur tir mortel ; les lèvres, au fil des ans, avaient pris les rides des ricanements et des hurlées trop fréquentes ; son menton, qui se dessinait à l'égyptienne, c'est-à-dire en forme de pyramidion, finissait sa course bien plus bas, parmi les premiers plis du péplos – il y avait, chuchotait-on, une verrue au bout ; un long nez dominait le tout, qui faisait penser à ces compas dont on se sert au-delà de la Propontide pour tracer des cercles toujours imparfaits.

Son regard, comme d'habitude, plongea Huilysse dans une sorte de terreur sacrée. Et quand le sommet de son chignon vint frapper une guirlande de fleurs osant pendre négligemment du plafond, les pétales tombèrent en pluie derrière elle. Ce spectacle fit cesser les vagissements du bébé, saisi d'un émerveillement craintif, et reculer d'un pas le messager des Atrides, qui arrivait sur ces entrefaites et porta sa droite à la garde de l'épée.

La reine Pénéclope ne le vit même pas : il faut dire qu'elle se trouvait maintenant face à son mari, en sorte qu'il occupait tout son champ visuel. Huilysse, lui, ne voyait plus rien, les yeux fermés en attendant un nouveau châtiment, peut-être mérité.

Il ne vint pas. La reine d'Ithaque se contenta de l'admonester pour son incompétence notoire :

- Non content de me refiler tous vos dossiers de politique intérieure et de commerce extérieur, rugit-elle en brandissant la tablette et les papyrus, vous voudriez encore que je gère bébé et vaisselle !

- Mais, ma chère, crut bon de répondre Huilysse, en ouvrant les yeux pour les poser justement sur le magnifique service de table décorant une étagère, cette vaisselle est incomparable : nous sommes les seuls à en posséder une qui vienne de Lycie.

- Taisez-vous ! hurla-t-elle. Pendant que moi, l'esclave aux bras désespérément blancs enfermée dans ce palais aux colonnes désespérément blanches, je reste confinée dans les tâches les plus ingrates, Monsieur se pavane dans de soi-disant voyages d'affaires autour de la planète ! Et pour nous rapporter quoi, je vous le demande ?

Nul n'osait répondre : les esclaves – les vrais – regardaient à terre ; les compagnons avaient tous filé depuis longtemps ; le messager frémit en sentant sur lui la brûlure du regard que lui porta Pénéclope :

- Et vous, l'étranger, je vous le demande ?

Il ne répondait pas, redoutant de lâcher une bêtise. On n'entendait plus que la respiration arythmique d'Huilysse, les sanglots du bébé, qui avaient repris de plus belle, et le bruit mou que produisaient de nouveaux excréments s'écrasant sur les dalles habilement peintes.

- Eh bien, reprit-elle, toujours à voix forte, je vais vous le dire, moi : pour nous rapporter de la vaisselle de Russie !

- De Lycie, corrigea son époux, d'une voix étouffée.

- M'en fiche ! aboya-t-elle. Vous mériteriez de la recevoir sur votre tête, cette vaisselle, avec le vaisselier qui va avec ! Puis, considérant le messager : Qu'est-ce que vous faites ici, vous ?

- Je viens annoncer la visite de mon seigneur Palamède, fils de Nauplios : il est porteur de nouvelles de Sparte.

- Ah, Sparte ! Ce doit être pour moi, alors ! fit Pénéclope, qui était originaire de cette ville et, de toute façon, ramenait toujours tout à elle. Dites-lui de se présenter céans !

Aussitôt le messager disparu, Huilysse se redressa :

- Malheur sur nous ! se lamenta-t-il.

- Qu'avez-vous encore à brailler ? Aidez-moi plutôt à nettoyer votre marmot !

- Si c'est bien Palamède, je sais ce qu'il va nous annoncer.

- Expliquez-vous, s'impatienta Pénéclope.

- Il est en train de sillonner l'Hellade dans le but de mobiliser les armées de toutes les contrées.

- Mais nous ne sommes pas en guerre actuellement.

- Ils en veulent une à Troie.

- Mais voyons, à trois, ce n'est pas une guerre ! s'exclama la reine, pourtant bien placée pour savoir à quel point on pouvait en déclencher une à deux déjà. Venez m'aider à changer votre fils, plutôt que de débiter des sornettes !

- A Troie, l'Ilion d'Homère, précisa Huilysse. C'est là qu'un des fils de Priam a emmené Hélène.

- Quoi ? s'écria-t-elle. Hélène, la fille de Laida ? Ma cousine ? Kidnappée ?

- Je crois qu'il s'agit plutôt d'une histoire d'amour, enfin, vous ne pouvez pas comprendre...

- Dites-vous que je saisis bien plus de choses que vous ne le croyez ! Par Héra ! Une reine n'est plus à l'abri dans son propre palais !

Huilysse n'eut pas le temps – moins encore le courage – d'assurer son épouse qu'elle ne risquait pas de subir un rapt, car il entendit un bruit de pas inconnu à l'autre bout du péristyle aux colonnes désespérément blanches.

- Pénéclope, trembla-t-il, il ne faut pas que je parte pour cette guerre, vous comprenez ?

Oh oui, elle comprenait. Ithaque n'aurait rien à gagner d'une telle expédition, si ce n'est quelque butin, récompense du reste toujours aléatoire. Ce qui l'était moins, par contre, c'était le travail supplémentaire et toutes les tracasseries auxquels elle devrait faire face pendant la campagne de son époux, et pour combien de temps ? Toutefois, Palamède peut-être ferait une exception, une fois qu'elle lui aurait mis sous le nez le parchemin et les tablettes attestant la fragilisation du royaume d'Ithaque et obligeant son roi à y demeurer encore quelque temps.

- N'y comptez pas trop, ma reine ! la déçut ce dernier. Vous n'arriverez pas à embrouiller ce fin limier avec de savants calculs, croyez-moi ! Et puis, cette ordure m'en veut personnellement !

La raison en était le rôle qu'Huilysse avait joué dix ans auparavant dans l'affaire du mariage d'Hélène.

Tyndare se trouvait alors face à un dilemme effroyable : cent princes étaient accourus à l'annonce de la recherche d'un époux pour sa fille adoptive et il ne pouvait en choisir un sans offusquer tous les autres, pire, sans risquer de provoquer de conflit entre eux. Alors Huilysse, qui n'était point marié, donc encore heureux, lui avait suggéré de rassembler tous les prétendants dans le méga-rond : là, il ferait prêter à chacun en même temps le serment solennel de devenir l'allié de l'heureux élu et, en cas de besoin, d'intervenir à son appel. Ainsi fut fait. Après que tous les princes, rivalisant d'ardeur et de sincérité, eurent juré au nom de Zeus hospitalier, Hélène procéda au tirage au sort en plongeant sa main si convoitée dans une jarre profonde, d'où elle tira le sceau de Menhélas.

Certes, on trouva des esprits chagrins, et sans doute parmi eux quelques mauvais perdants, pour murmurer que l'Atride avait de plus grands doigts que les autres, qu'il avait donc forcé la chance avec une bague conséquente, que même il avait disposé tout autour d'elle un scotch transparent double face mais, dans l'ensemble, le choix d'Hélène – si l'on peut dire ainsi – fut accepté. On scella les accords et la cérémonie fut célébrée au temple d'Héra, où Tyndare, certes un peu lourdement, il faut le reconnaître, mais c'était sur la sollicitation d'Huilysse, fit répéter le serment aux princes assemblés : on n'entendit cette fois-là que la clameur vibrante de Menhélas. Dix ans plus tard, le roi de Sparte poussait une nouvelle clameur, en s'apercevant de la disparition de son épouse.

- Je comprends que Palamède vous en veuille un peu, déduisit Pénéclope à la fin de ce récit. Moi, à sa place, je vous aurais déjà tranché la gorge, comme on fait avec un pourceau. Eh bien, que proposez-vous, vous qu'on dit aux mille tours ?

- Je n'ai pas le temps de vous expliquer ma ruse : il arrive ! Contentez-vous de ne pas me contredire !

- Jouer à l'épouse soumise ? Après m'avoir vu confier la besogne de nettoyer et changer un bébé ? De mieux en mieux !

L'écho de ces paroles maternelles résonnait encore, quand Palamède fit irruption dans la salle. D'un prince, il avait l'allure mais aussi l'origine : n'était-il pas l'aîné des fils de Nauplios, le roi d'Eubée ? Ce dernier avait agi en père avisé quand il avait remis l'éducation de son enfant au centaure Chiron, la créature la plus sage qui eût à fouler la terre des mortels. En effet, juste après avoir appris à écrire, Palamède créa l'ordre des lettres de l'alphabet, tel que nous l'utilisons aujourd'hui encore ; il y ajouta même le Y, dont il eut l'idée en observant un vol de grues. Il se mit à fabriquer toutes sortes de supports d'écriture, le parchemin, pour commencer, puis le papier, l'écran cathodique, enfin. Chiron, dans sa sagesse, l'arrêta alors que, en pleine révolution numérique, le jeune prince mettait au point un dispositif d'écran tactile et planchait sur l'affichage holographique : le Centaure parvint à le distraire en lui inculquant l'économie et la psychologie, cours théoriques qui inspirèrent à Palamède des applications pratiques, ainsi inventa-t-il la monnaie et toutes sortes de jeux de société, comme les dés ou les dames. Mais les produits de divertissement s'accommodant assez mal d'une société qui relevait encore de valeurs quelque peu basiques, notre inventeur ne bénéficia d'aucun appui éditorial pour les commercialiser, jusqu'à ce qu'il les propose à une boîte spécialisée en poliorcétique, qui n'est autre que l'étude des diverses techniques de sièges : ses jeux connurent alors un certain succès auprès des assiégeants comme des assiégés qui, en plus, devaient souvent tromper une méchante disette. Palamède se réjouissait donc beaucoup à l'idée d'un siège de Troie...

Vous l'aurez compris, même si vous avez sauté ces dernières lignes, que le prince d'Eubée, messager des Atrides, n'était pas du genre à se laisser berner facilement, ce d'autant qu'il connaissait la réputation de renard d'Huilysse, l'homme aux paroles glissantes comme l'huile.

- Salut à toi, roi d'Ithaque ! entonna-t-il sur un ton solennel.

Il ne put en dire davantage, interloqué par le spectacle qui s'offrait à lui : l'autre, à genoux, contrefaisait l'insensé, hurlant, écumant, se redressant soudain pour sautiller et frapper tout ce qui était à sa portée, surtout Palamède – mais en se gardant bien de toucher à son épouse. Comme il en venait à se repaître de la bouillie brunâtre qui fermentait au-dessous de la chaise haute du petit Télémoque, Pénéclope demanda au messager de les excuser et fit ramener son époux dans ses appartements.

- Je reviendrai, lâcha le prince sur un ton grinçant, à la manière du protecteur de Tisaménos, le prince héritier de Thèbes.

Il faut savoir à ce sujet que Tisaménos, à la mort de son père, était trop jeune pour lui succéder. Or un trône vacant est souvent occupé par l'espoir de tout un tas d'ambitieux, en l'occurrence sept princes affamés de pouvoir, et c'est à l'un d'eux, Pénéléos, que fut confiée la régence, au grand dam des six autres, qui se seraient ligués contre lui, si la mobilisation contre Troie n'avait été décrétée. On comprendra donc que Pénéléos, forcé de prendre part à l'expédition contre Troie, à cause du serment qu'il avait prêté à Tyndare, contraigne les six jaloux à embarquer avec lui. Or, pour protéger le petit Tisaménos pendant le temps que durerait la campagne, on lui adjoignit un Terminator, mais un gentil, pas comme dans le premier opus ; toutefois, la savante mécanique ne manquait pas d'impressionner son monde, comme ce fut le cas pour Palamède, qui s'en revenait justement de Thèbes.

Une fois lavé de ses souillures, de son écume et de ses pleurs, Huilysse reparut en présence de Pénéclope, qui s'apprêtait à lui exposer son plan pour éviter la mobilisation.

- Ordonnez, ma chère, supplia Huilysse. Je suis prêt à faire n'importe quoi, même à avoir les pieds plats.

- Ça tombe bien, lâcha-t-elle. Voyez-vous, je vais justement vous demander de faire n'importe quoi.

Le lendemain matin, alors que Palamède et ses hommes d'armes s'en venaient au palais chercher Huilysse, on leur répondit que celui-ci se trouvait dans les champs jouxtant l'édifice royal. Intrigués, les Eubéens rejoignirent le lieu indiqué et furent bien surpris de trouver le roi d'Ithaque, coiffé d'un chapeau de forme conique, en train de labourer et guidant une charrue à laquelle étaient attelés côte à côte un bœuf et un poussin : ce dernier avait quelque peine à suivre la cadence imposée, parce qu'il s'arrêtait sans cesse pour picorer des grains de sel qu'Huilysse semait aux quatre vents.

- Il est devenu complètement fou ! observa l'un des soldats.

- Qui ? Le poussin ? demanda un autre.

Mais Palamède, à qui on ne la faisait pas, rappelez-vous, et qui connaissait la réputation d'Huilysse, rappelez-vous aussi, ne crut pas à ce nouveau manège.

- Allez me chercher sa femme et son fils, ordonna-t-il simplement.

Un peu plus tard, à l'effarement général, Palamède s'emparait du petit Télémoque et le déposait délicatement sur un coin de terre destiné à la charrue.

- Si le père détourne le soc, dit-il après avoir rejoint les gardes, surpris, et Pénéclope, effrayée, c'est que sa folie était feinte.

Or, arrivé à quelques pas du bébé, le laboureur, impassible, continuait à lacérer la terre en gardant la cadence. Finalement, Pénéclope dut s'élancer pour arracher son fils à une mort atroce.

- Vous êtes un monstre ! hurla la reine en rejoignant Palamède. Ne comptez pas vous en tirer à si bon compte !

- Encore faudrait-il que votre époux soit vraiment fou !

- Si fait ! répliqua-t-elle. Quelle autre preuve vous faut-il donc ?

C'est alors que Palamède se rappela le compte rendu du messager qui avait assisté à la royale scène de ménage : la vaisselle de Russie ! Il la fit chercher et déposer sur le passage de la charrue.

La cadence du labourage changea aussitôt : la terre se mit à coller aux chausses, on alla moins vite et il n'y eut bientôt plus que le poussin poussif pour pousser. Finalement, à deux pas tremblants et hésitants de l'argenterie aux reflets étincelants, Huilysse dévia le soc de la trajectoire.

Palamède pouvait triompher. On fit venir le prétendu dément, on le somma de s'expliquer, d'avouer : il n'en pouvait plus, il reconnut tout.

Il fallut partir le lendemain déjà pour Mycènes, lieu de rassemblement des chefs, mais les troupes ithaquiennes devaient être réunies et la flotte prête à prendre le large à la fin du mois ! Huilysse jura bien ne jamais pouvoir y parvenir, a fortiori s'il devait s'absenter plusieurs jours. Palamède toutefois se montra intraitable, ce que le roi d'Ithaque ne lui pardonna jamais.

A la veille du jour prévu pour le départ de la flotte, Huilysse et ses compagnons n'avaient pu rassembler qu'un tiers des soldats et seulement trois vaisseaux. Ils allèrent se lamenter auprès de Pénéclope, qui se chargea de tout : le lendemain à l'aube, l'armée et la flotte au complet assistaient au départ de leur souverain.

- Ma reine, tenta Huilysse une ultime fois, depuis la poupe de sa nef vermillon, et si vous partiez à ma place ? Vos talents de régisseuse en épateraient plus d'un !

- La guerre est affaire d'hommes, mon ami ! répliqua-t-elle sèchement. Laissez aux femmes ce qui est digne d'intérêt. De plus, je suis persuadée que cette expédition sera vite envoyée.

- Co... comment pou... pouvez-vous affirmer cela ? bre... bredouilla-t-il.

- L'intuition féminine, vous connaissez ? Je fais cuire la soupe pour ce soir, ajouta-t-elle, alors que le vaisseau quittait la rive. Si vous revenez d'ici une semaine, je n'aurai plus qu'à la chauffer, elle sera encore bonne.

- N'oubliez pas de vous occuper de mes chiens, d'Argouill, surtout.

- Cessez de tout dramatiser, intima la reine. Vous ne partez tout de même pas pour vingt ans, voyons !

C'est sur ces paroles épiques qu'ils se séparèrent.

Huilysse avait oublié d'embrasser son petit Télémoque.

 

Fin du chapitre I

 

Le récit continue, les prochains chapitres s'intitulant :  Sibylle à six balles - Pâris s'éveille - Hélène, un ravissement ! - Viens faire une brise à papa ! - Le méli-mélo d'Eumèle, ...

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