Catherine May, London Docks

London docks

 

Années 1970 : Carlisle déambule dans les corridors labyrinthiques d'un hôpital psychiatrique…

Années 1980 : Chagall évolue dans le réseau dédaléen des docks londoniens.

Il a cessé d'errer. Il chasse, désormais.

Jeunes ou vieux, hommes ou femmes, peu importe.

Tant qu'il peut en ramener une paire.

En étouffer l'un et coller l'autre, encore vivant, contre le cadavre, peau contre peau, bouche contre bouche, subtilité rappelant d'antiques supplices assyriens. Puis laisser le temps, la peur, la soif faire leur œuvre.

Car Chagall a sa propre œuvre à produire et, à grand renfort de bonbonnes de spray, il donne vie à une paroi alors qu'agonise sa victime.

Il est encore jeune, Chagall, trente ans à peine, jeune et affamé. Ça ne s'arrêtera pas avant des décennies.

Sauf si on l'arrête. Mais encore faut-il mettre la main sur lui.

Il faudrait pour le moins une police émérite, au flair digne des plus grands moments de Scotland Yard…

L'inspecteur Lynn Armitage vient justement de rejoindre le district de Tower Hamlets et il se trouve qu'elle souffre d'hyperosmie, une exacerbation de l'odorat. Mais ce flair extraordinaire suffira-t-il à débusquer la bête ?

 

Et, pour terminer, un passage (partie 1, chap VII, p 65) :

 

"Wickock conduit à vive allure dans les rues de Londres relativement calmes à cette heure. À l'horizon s'accumulent d'énormes nuages en forme de choux-fleurs. Wickock tire sur sa chemise, pour y faire entrer un peu d'air.

- Quelle chaleur… Vivement que ça tourne…

Lynn ne dit rien. Elle regarde la ville qui somnole, profitant de ces quelques jours vraiment estivaux. Le souffle discret qui agite les feuilles est chaud, comme tout le reste. Elle fait ondoyer sa main à l'extérieur de la voiture, comme si elle remontait un courant invisible. C'est tellement agréable, la chaleur, quand on n'a rien à faire.

Mais ils ont à faire. Wickock se gare devant l'Institut médico-légal. Il soupire d'aise en pénétrant dans le hall presque frais, vertu des vieilles bâtisses.

Dans la salle d'autopsie où les deux flics pénètrent silencieusement, la chaleur du dehors n'est plus qu'un souvenir. Dans ce sous-sol, tout est cru : la lumière, la température, les deux corps nus et blêmes sur les tables en acier."

 

"

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