Quand Alexandra Beerli, résidant en Alsace et chroniquant pour le blog littéraire québécois de Richard Migneault, donne son avis sur un polar suisse, on se rappelle combien la littérature aime à se jouer des frontières !

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Voici ma troisième chronique qui voit le jour :

CHRONIQUE sur le livre de Pascal HOUMARD : « La Surnommeuse »Alex beerli

 

Pascal Houmard est né à Lausanne et enseigne le français, l'histoire et les langues anciennes dans un collège de Suisse romande.

Passionné d'Homère, Pascal Houmard entame la rédaction d'une version parodique de l'Iliade, dont le premier volet "A Troie, on y va !" a été primé en 2017 par les Arts et Lettres de France.

Son roman "La Surnommeuse", la première des Enquêtes de la commissaire Crystal (Antigona Krestaj), cheffe de la Crim' lausannoise est édité par les Editions Mon Village en octobre 2017.

La parution du second volet, "L'affaire Saint-Roch", est prévue pour 2018.

Il s'est aussi adonné au style de science-fiction et a écrit plusieurs nouvelles, dont "Pluie mortelle" sortie en décembre 2017, dans la collection Opuscule des Editions Lamiroy (Bruxelles).

Pascal HOUMARD est un écrivain hors du commun, un auteur fraîchement né et son originalité est intéressante. Il nous partage des textes inédits et son penchant pour les divers genres littéraires : science-fiction, nouvelles, plutôt fantastiques ou à portée sociale.

J'ai découvert cet auteur plus ou moins par hasard, en errant sur le net pour dénicher de nouveaux auteurs dont je n'avais pas encore entendu parler. Pascal HOUMARD étant un auteur Suisse et venant tout juste de publier un roman policier, je l'ai contacté. Il m'a gentiment offert de m'envoyer son livre, afin que je puisse le découvrir et en écrire une chronique. C'est un des premiers écrivains que je n'aurai pas découvert sur un salon et je suis très heureuse de découvrir un tout nouvel univers.

La « Surnommeuse » Antigona Krestaj (l'on retrouve ici la passion de l'auteur pour la mythologie – Référence à Antigone et Créon) est une jeune femme flic, albanaise d'origine yougoslave, qui enquête sur le meurtre de l'ancien gérant du bibliobus qu'elle fréquentait durant son enfance, Vincent Alignac, qu'elle avait surnommé « Négrivain »

La jeune femme ayant beaucoup d'affection pour cet homme qui ne rêvait que d'écrire pour lui même, mais écrivait pour un auteur profitant d'un succès qui n'était pas le sien, se lança dans l'enquête. Vous voyagerez dans le passé, le présent, le futur, ce qui me fit penser, en lisant les premières pages, à un roman de science fiction.

Pourquoi une femme flic albanaise d'origine yougoslave ? Tout simplement parce que l'auteur a souhaité rendre compte du métissage de la société lausannoise et effacer certains préjugés, encore d'actualité.

Jeux de mots, surnoms, mots-valise… vous découvrirez un tout nouvel univers en parcourant ce roman. Vous serez déroutés par le jeu de mots de la langue française, par des inventions fraîches et originales, ... ce qui rendra le suspens encore plus grand. Mener l'enquête deviendra presque un jeu pour le lecteur, qui revêtira le costume de flic pour l'occasion.

Ce roman vous surprendra par sa grande originalité.

En voici un extrait : 

"Dans sa brigade comptant quinze inspecteurs, elle -Antigona Krestaj- avait désigné, pour l'assister dans ces investigations, ceux en qui elle nourrissait la plus grande confiance : elle pressentait en effet que cette enquête était propre à l'affecter tout particulièrement mais elle s'abritait derrière sa conscience de cheffe de brigade, derrière son Créon, et se refusait à laisser son Antigone prendre plus d'espace, négligeant l'inquiétude qui la tourmentait depuis qu'elle avait identifié la victime de Montelly.
Les sept policiers prirent place autour de la table de la salle à manger en évitant soigneusement de s'asseoir trop près du lieu où l'on avait retrouvé la victime, mus davantage par une sorte de retenue superstitieuse que par une simple répugnance.

Antigona, rattrapée par la pensée que Maigret passait parfois la nuit sur le lieu du crime, s'obligea à prendre place à côté de l'endroit qu'occupait encore la veille au soir le corps d'Alignac. Habitée par un scrupule confinant au respect, elle se garda même de toucher, fût-ce du pied de la chaise, les lames du parquet encore rougies."
 

Suspense garanti jusque dans les toutes dernières pages.

A découvrir !

 

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